FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

Paul Canoville

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Paul Canoville

 

Paul Kenneth Canoville

Né le 4 mars 1962 à Southall (ANG)

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4851450_201505250042828.png Anglais, Milieu Offensif, 1m78

Surnom: "Canners"

 

1979/81 Hillingdon Borough (ANG)
1981/86 Chelsea (ANG) 103 matchs, 15 buts
(Championnat d'Angleterre: 37 matchs, 2 buts)
(Coupe d'Angleterre: 5 matchs, 1 but)
(Coupe de la ligue anglaise: 18 matchs, 3 buts)
(Full Members Cup: 1 match)
1986/87 Reading (ANG) 21 matchs, 4 buts
(Championnat d'Angleterre de D2: 16 matchs, 4 buts)
(Coupe de la ligue anglaise: 5 matchs)
1988/? Enfield (ANG), Maidenhead United (ANG), Burnham (ANG)
1992/93 Northwood (ANG), Egham Town (ANG)

 

Il était un talentueux ailier et le premier joueur noir du club londonien. Il a fait face aux insultes racistes, il a combattu la dépression, la toxicomanie et le cancer. Ce joueur, c'est Paul Canoville. Fils de deux parents émigrés des Caraïbes débarqués en Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale, Paul Canoville a grandi à Hillingdon dans la banlieue Ouest de Londres. Le père parti faire sa vie ailleurs, c'est sa maman qui éduque seule le jeune homme. Une mère qu'il considère comme une héroïne. Et qui ne le lâche pas sur sa progression. Très tôt, le garçon se passionne pour le cricket, un sport qu'il pratique toujours lorsque sa carrière décolle, mais le football tient la corde. Il se donne les moyens de ses ambitions en signant une licence pour l'équipe locale : Hillingdon Borough. Et le gamin progresse sous les yeux et les conseils avisés de maman. Le travail paye puisqu'en décembre 1981, alors qu'il n'a pas encore vingt ans, Paul Canoville signe à Chelsea, alors en deuxième division. Il devient ainsi le premier joueur noir du club de l'ouest londonien. Un talentueux ailier gauche, doué, avec du style, du rythme et de l'agilité, qui devrait normalement faire de lui le chouchou des fans. Paul Canoville.jpgTrès vite, il a commencé à attirer l'attention par ses prestations avec l'équipe réserve. Plein de confiance, l'artiste mourait d'envie de montrer ses talents en équipe première. L'opportunité s'est offerte à lui quatre mois plus tard lorsque John Neal, l'entraîneur de Chelsea, l'a inscrit sur la feuille de match face à Crystal Palace à Selhurst Park. Lors de son échauffement, des cris individuels démarrent par-dessus la clameur du stade: "Rassieds-toi, salopard de black". L’ailier ose à peine se retourner et aperçoit les auteurs, bardés de maillots et d’écharpes bleutés. "Des fans de Chelsea, des fans de mon équipe, le visage tordu par la haine et la colère, les deux dirigées vers moi. Je me suis senti physiquement malade. J’étais absolument terrifié", témoigne le joueur dans son autobiographie. Une banane tombe juste à côté de ses pieds, alors que les fans commencent à chanter : "On ne veut pas du nègre, on ne veut pas du nègre, la la la la". Effaré et blessé, Canoville est resté scotché dans son couloir sans jamais repiquer dans l'axe. Huer les joueurs noirs n'avait rien de nouveau. Malheureusement c'était presque devenu la norme dans le football anglais. Par contre, huer ses propres joueurs noirs, ça si, c'était tout à fait inédit. Mais Chelsea était un club réputé pour ses célèbres hooligans, les "Chelsea Headunters". Proches du parti d’extrême-droite British National Front et de l’organisation néo-nazie Combat 18, ces hooligans multiplient les chants racistes et les actes violents. Lors des matches, ils attendaient dans un pub la feuille de match pour acheter leurs tickets d'entrée. Si elle n’était pas composée à 100 % de joueurs blancs, ces joyeux larrons restaient dans le pub. En cinq ans, l'attaquant des Blues marque très peu pour son club, contrairement aux jets de bananes qu'il reçoit à chacune de ses apparitions. Sans doute déstabilisé par le climat malsain qui règne autour de Stamford Bridge, mais aussi par le manque de régularité du joueur pourtant bourré de talent. Paul Canoville est fragilisé par les actes racistes et les (nombreuses) blessures, mais réalise parfois des exploits. En tête de ses meilleurs souvenirs, le titre de Division Two remporté par Chelsea en 1984. Mais le mal ronge, même à l'intérieur, et Canners restera à jamais l'autre, cet homme de couleur pour les bas du front de Chelsea. Quatre ans et demi après son arrivée à Chelsea, le joueur se bat avec l’un de ses coéquipiers ivre, qui le traite de “noir de ***”. Le club décide de le transférer. C'était déchirant, mais ça n'était pas la pire chose à venir dans la carrière de Canoville. Pragmatique, Canoville accepte ce transfert comme faisant partie du foot professionnel. Refusant un transfert pour une équipe de Millwall destinée à jouer en première division, il descend d'un étage pour rejoindre Reading. Vu comme un nouveau départ, le club ne fut que le cimetière de ses espoirs et d’un de ses genoux. Une rupture des ligaments croisés au mois d’octobre 1986 l’éloigne des terrains pour la saison. Un an plus tard, sa blessure ne s’étant jamais vraiment dissipée. Âgé de seulement 25 ans, Canoville doit arrêter le football. La suite de sa vie ressemble très souvent à une tragédie : une addiction à la cocaïne, deux combats contre un lymphone non hodgkinien, une forme très agressive de cancer du sang, et la mort quelques jours après sa naissance d’un de ses onze enfants. Autant d’événements qu’il a finis par surmonter, tout comme Chelsea avait fini par vaincre le racisme dans ses rangs. En rémission, Canners travaille aujourd'hui comme éducateur auprès des jeunes. Histoire de rattraper le temps perdu avec ceux qui le sifflaient du haut des gradins. Avec, toujours en mémoire, cette phrase lâchée au mitan des années 80 dans un programme officiel de Chelsea : "Donnez sa chance à un joueur. Applaudissez-le et il vous récompensera". La classe, on l'a sur un terrain mais aussi dans la vie de tous les jours.

 

PALMARÈS


Vainqueur de la Full Members Cup en 1986 (Chelsea)

Champion d’Angleterre de D2 en 1984 (Chelsea)

 

DIVERS


- Il sort son autobiographie, "Black and Blue", aujourd'hui célèbre. Publiée en 2008, elle a reçu le prix de la meilleure autobiographie aux British Sport Book Awards.



28/03/2018
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