Football-the-story, les légendes du foot

Football-the-story, les légendes du foot

Pierre Ndaye Mulamba, l'icône persécuté du foot zaïrois

Photo: ©Foot Africa

 

Pierre Ndaye Mulamba

 

Né le 4 novembre 1948 à Luluabourg (COG)

Décédé le 26 janvier 2019 à Johannesbourg (AFS)

 Congolais, Attaquant, 1m74

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_7713855_201805182721549.png 20 sélections, 10 buts

(Matchs amicaux: 9 sélections)

(Coupe du Monde: 2 sélections)

(Coupe d'Afrique des Nations: 9 sélections, 10 buts)

 

1ère sélection : le 9 décembre 1973 contre le Maroc (3-0)

Dernière sélection : le 6 mars 1976 contre le Soudan (1-1)

 

1964/71 Renaissance du Kasaï (COG)
1971/72 AS Bantous (ZAI)
1972/81 AS Vita Club (ZAI) 224 matchs, 116 buts

 

Meilleur joueur de l'histoire du Zaïre, Pierre Ndaye Mulamba a été le principal artisan de la qualification de son pays pour le Mondial 74. Il a surtout laissé sa patte lors de la victoire à la CAN la même année, durant laquelle il a planté 9 buts. Un record qui tient encore. Mais l'ancien attaquant vedette des Léopards a vu sa carrière, et surtout sa vie, brisées par le régime du président Mobutu.


Né le 4 novembre 1948 à Luluabourg, le jeune léopard grandit dans une famille nombreuse, avec son père Georges qui a pour objectif d'en faire un enseignant. Mais le gamin n'a d'yeux que pour le ballon rond. Et son talent ne passe pas inaperçu. Après avoir ébloui lors d'une rencontre le président de la République, Joseph Kasa-Vubu, avec un doublé à la clé, le prodige du Kasaï-Central fait ses premiers pas à la Renaissance à l’âge de 15 ans avant de rejoindre l’AS Bantous en 1972. Convoqué pour la première fois en équipe nationale à 17 ans, il reste sur le banc et ne sera pas retenu pour la CAN 1968 étant donné que Ferenc Csanádi, le sélectionneur de l’époque, préférait les joueurs exilés. Pas grave, sa popularité est déjà faite. Agile, costaud, percutant et surtout imprévisible dans ses actions, il débarque en 1973 à l’AS Vita Club, le plus grand club de Kinshasa, où il remporte d'ailleurs dans la foulée la Ligue des champions africaine aux côtés de Joseph Kibonge alias "Gento" et la génération dorée des "Dauphins Noirs" de la capitale. Il dispute aussi son premier match officiel tant attendu avec l’équipe nationale du Zaïre. Le début de la gloire.

 

Pierre Ndiyaye Mulamba.jpg

Photo: ©FIFA

 

Lors de sa première CAN, en 1974 en Egypte, il en fait voir de toutes les couleurs aux gardiens adverses, avec deux buts contre la Guinée (2 buts à 1) et un pion face à Maurice (4 buts à 1), au premier tour. Un nouveau doublé en demi permet de créer l’exploit face au pays organisateur, avec une victoire surprise 3 buts à 2. En finale, contre la Zambie, l'artilleur fait encore trembler les filets deux fois. Mais les Chipolopolo égalisent au bout des prolongations, à 2-2. Le règlement du tournoi stipule qu'il faut rejouer la rencontre en cas d'égalité. Pas troublé, Pierre Ndaye Mulamba double encore la mise, deux jours plus tard. Mais cette fois, l'équipe tient le choc: victoire 2 buts à 0. Le retour au pays est triomphant. Chaque joueur a le droit à une maison et une voiture. Mais la suite n'est pas celle qu'on attendait. Qualifié pour la Coupe du Monde 1974 en RFA, le Zaïre va vivre un Mondial catatrosphique. Après une défaite en ouverture de bal contre l’Ecosse (2 buts à 0), la première nation africaine à prendre part à cet événement est étrillé par la Yougoslavie 9 buts à 0 puis terrassé par le Brésil 3 buts à 0. Soi-disant la faute à des primes promises non versées. Pierre ne brille pas comme lors de la CAN quelques mois auparavant. Pire, il est exclu face aux Plavi pour un coup de pied envoyé à l’arbitre... par un coéquipier. Une fois la compétition terminée, les joueurs retombent très vite dans l'anonymat et perdent immédiatement tous les avantages qu'ils bénéficiaient.

 

Le capitaine des Léopards poursuit sa carrière jusqu'en 1981 et raccroche les crampons dans l'indifférence totale. Oublié en moins de deux, la Confédération africaine lui rappelle des bons souvenirs et lui offre en 1984 une médaille pour l’ensemble de sa carrière. Un hommage chaleureux qui va pourtant lui coûter cher. En effet, le ministre des Sports lui demande d’offrir sa récompense au président Mobutu Sese Seko, qui règne en dictateur sur le Zaïre depuis 1965, ce qu’il refuse. Le soir même, les hommes de main du pouvoir font irruption chez lui, le torturent et tuent sous ses yeux son fils de onze ans. Les soldats jettent ensuite l'ex faire-valoir du régime du haut d’un pont et le laissent pour mort. Retrouvé le lendemain par des passants, il est hospitalisé plusieurs mois avant d'être envoyé en Afrique du Sud pour se soigner, laissant derrière lui sa femme et ses deux autres enfants seul. Resté au Cap de crainte des représailles, l'homme à abattre du tyran zaïrois est réduit à la mendicité et tente de gagner sa vie comme gardien de parking dans les townships de la "Mother City". Sous le choc lorsqu'on lui annonce qu'il est mort en 1998 suite à l’effondrement d’une mine en Angola, l'icône du foot congolais et africain part complètement à la dérive. Seule satisfaction, il reçoit des mains de Sepp Blatter, le président de la FIFA, la médaille du centenaire de la fédération à Kinshasa. Une décoration qui ne change rien à son sort. Rentré au pays de Nelson Mandela, le champion devenu vagabond succombe tragiquement à des problèmes de santé le 26 janvier 2019 à l'âge de 70 ans. Sa biographie "La mort m’attendra" écrit par Claire Raynaud en dit long sur la vie tragique de Pierre Ndaye Mulamba. Dans le cœur des Congolais, il restera à jamais Mutumbula, une sorte de croque-mitaine qu'il avait jouée aux habitants de son quartier étant jeune. Et si ses fans l’ont surnommé ainsi, c’est que sur le terrain, Ndaye Mulamba n'aura fait qu’une bouchée des gardiens.

 

PALMARÈS

 

Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974 (Zaïre)

Vainqueur de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1973 (AS Vita Club)

Champion du Zaïre en 1973, 1975, 1977 et 1980 (AS Vita Club)

Vainqueur de la Coupe du Zaïre en 1973, 1975, 1977 et 1981 (AS Vita Club)

 

DISTINCTIONS PERSONNELLES

Élu meilleur joueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974

Meilleur buteur de la Coupe d'Afrique des nations en 1974 (9 buts)

Nommé dans l'équipe type du tournoi de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974



02/01/2023
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