Football-the-story

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RD Congo/Zaïre


Pierre Ndaye Mulamba, l'icône persécuté du foot zaïrois

Photo: ©Foot Africa

 

Pierre Ndaye Mulamba

 

Né le 4 novembre 1948 à Luluabourg (COG)

Décédé le 26 janvier 2019 à Johannesbourg (AFS)

 Congolais, Attaquant, 1m74

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_7713855_201805182721549.png 20 sélections, 10 buts

(Matchs amicaux: 9 sélections)

(Coupe du Monde: 2 sélections)

(Coupe d'Afrique des Nations: 9 sélections, 10 buts)

 

1ère sélection : le 9 décembre 1973 contre le Maroc (3-0)

Dernière sélection : le 6 mars 1976 contre le Soudan (1-1)

 

1964/71 Renaissance du Kasaï (COG)
1971/72 AS Bantous (ZAI)
1972/81 AS Vita Club (ZAI) 224 matchs, 116 buts

 

Meilleur joueur de l'histoire du Zaïre, Pierre Ndaye Mulamba a été le principal artisan de la qualification de son pays pour le Mondial 74. Il a surtout laissé sa patte lors de la victoire à la CAN la même année, durant laquelle il a planté 9 buts. Un record qui tient encore. Mais l'ancien attaquant vedette des Léopards a vu sa carrière, et surtout sa vie, brisées par le régime du président Mobutu.


Né le 4 novembre 1948 à Luluabourg, le jeune léopard grandit dans une famille nombreuse, avec son père Georges qui a pour objectif d'en faire un enseignant. Mais le gamin n'a d'yeux que pour le ballon rond. Et son talent ne passe pas inaperçu. Après avoir ébloui lors d'une rencontre le président de la République, Joseph Kasa-Vubu, avec un doublé à la clé, le prodige du Kasaï-Central fait ses premiers pas à la Renaissance à l’âge de 15 ans avant de rejoindre l’AS Bantous en 1972. Convoqué pour la première fois en équipe nationale à 17 ans, il reste sur le banc et ne sera pas retenu pour la CAN 1968 étant donné que Ferenc Csanádi, le sélectionneur de l’époque, préférait les joueurs exilés. Pas grave, sa popularité est déjà faite. Agile, costaud, percutant et surtout imprévisible dans ses actions, il débarque en 1973 à l’AS Vita Club, le plus grand club de Kinshasa, où il remporte d'ailleurs dans la foulée la Ligue des champions africaine aux côtés de Joseph Kibonge alias "Gento" et la génération dorée des "Dauphins Noirs" de la capitale. Il dispute aussi son premier match officiel tant attendu avec l’équipe nationale du Zaïre. Le début de la gloire.

 

Pierre Ndiyaye Mulamba.jpg

Photo: ©FIFA

 

Lors de sa première CAN, en 1974 en Egypte, il en fait voir de toutes les couleurs aux gardiens adverses, avec deux buts contre la Guinée (2 buts à 1) et un pion face à Maurice (4 buts à 1), au premier tour. Un nouveau doublé en demi permet de créer l’exploit face au pays organisateur, avec une victoire surprise 3 buts à 2. En finale, contre la Zambie, l'artilleur fait encore trembler les filets deux fois. Mais les Chipolopolo égalisent au bout des prolongations, à 2-2. Le règlement du tournoi stipule qu'il faut rejouer la rencontre en cas d'égalité. Pas troublé, Pierre Ndaye Mulamba double encore la mise, deux jours plus tard. Mais cette fois, l'équipe tient le choc: victoire 2 buts à 0. Le retour au pays est triomphant. Chaque joueur a le droit à une maison et une voiture. Mais la suite n'est pas celle qu'on attendait. Qualifié pour la Coupe du Monde 1974 en RFA, le Zaïre va vivre un Mondial catatrosphique. Après une défaite en ouverture de bal contre l’Ecosse (2 buts à 0), la première nation africaine à prendre part à cet événement est étrillé par la Yougoslavie 9 buts à 0 puis terrassé par le Brésil 3 buts à 0. Soi-disant la faute à des primes promises non versées. Pierre ne brille pas comme lors de la CAN quelques mois auparavant. Pire, il est exclu face aux Plavi pour un coup de pied envoyé à l’arbitre... par un coéquipier. Une fois la compétition terminée, les joueurs retombent très vite dans l'anonymat et perdent immédiatement tous les avantages qu'ils bénéficiaient.

 

Le capitaine des Léopards poursuit sa carrière jusqu'en 1981 et raccroche les crampons dans l'indifférence totale. Oublié en moins de deux, la Confédération africaine lui rappelle des bons souvenirs et lui offre en 1984 une médaille pour l’ensemble de sa carrière. Un hommage chaleureux qui va pourtant lui coûter cher. En effet, le ministre des Sports lui demande d’offrir sa récompense au président Mobutu Sese Seko, qui règne en dictateur sur le Zaïre depuis 1965, ce qu’il refuse. Le soir même, les hommes de main du pouvoir font irruption chez lui, le torturent et tuent sous ses yeux son fils de onze ans. Les soldats jettent ensuite l'ex faire-valoir du régime du haut d’un pont et le laissent pour mort. Retrouvé le lendemain par des passants, il est hospitalisé plusieurs mois avant d'être envoyé en Afrique du Sud pour se soigner, laissant derrière lui sa femme et ses deux autres enfants seul. Resté au Cap de crainte des représailles, l'homme à abattre du tyran zaïrois est réduit à la mendicité et tente de gagner sa vie comme gardien de parking dans les townships de la "Mother City". Sous le choc lorsqu'on lui annonce qu'il est mort en 1998 suite à l’effondrement d’une mine en Angola, l'icône du foot congolais et africain part complètement à la dérive. Seule satisfaction, il reçoit des mains de Sepp Blatter, le président de la FIFA, la médaille du centenaire de la fédération à Kinshasa. Une décoration qui ne change rien à son sort. Rentré au pays de Nelson Mandela, le champion devenu vagabond succombe tragiquement à des problèmes de santé le 26 janvier 2019 à l'âge de 70 ans. Sa biographie "La mort m’attendra" écrit par Claire Raynaud en dit long sur la vie tragique de Pierre Ndaye Mulamba. Dans le cœur des Congolais, il restera à jamais Mutumbula, une sorte de croque-mitaine qu'il avait jouée aux habitants de son quartier étant jeune. Et si ses fans l’ont surnommé ainsi, c’est que sur le terrain, Ndaye Mulamba n'aura fait qu’une bouchée des gardiens.

 

PALMARÈS

 

Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974 (Zaïre)

Vainqueur de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1973 (AS Vita Club)

Champion du Zaïre en 1973, 1975, 1977 et 1980 (AS Vita Club)

Vainqueur de la Coupe du Zaïre en 1973, 1975, 1977 et 1981 (AS Vita Club)

 

DISTINCTIONS PERSONNELLES

Élu meilleur joueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974

Meilleur buteur de la Coupe d'Afrique des nations en 1974 (9 buts)

Nommé dans l'équipe type du tournoi de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974


02/01/2023
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Etepe Kakoko

Etepe Kakoko.jpg
Photo: ©Magazine Ngambo Na Ngambo

 

Etepe Kakoko

 

Emmanuel Kakoko Etepé

Né le 22 novembre 1950 à Léopoldville (COD)

Congo.png Congolais, Attaquant, 1m75

Surnom: "Dieu du ballon"

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_7713855_201805182721549.png 31 sélections, 9 buts

(Matchs amicaux: 6 sélections, 3 buts)

(Qaulif Coupe du Monde: 10 sélections, 4 buts)

(Coupe du Monde: 2 sélections)

(Coupe d'Afrique des Nations: 13 sélections, 2 buts)

 

1ère sélection : le 25 février 1972 contre le Soudan (1-1)

Dernière sélection : le 6 mars 1976 contre le Soudan (1-1)

 

1968/77 CS Imana (ZAI)

1977/82 VfB Stuttgart Amateure (ALL) 31matchs, 17 buts

(Oberliga Baden-Württemberg: 28 matchs, 15 buts)

(Coupe d'Allemagne: 3 matchs, 2 buts)

1980/82 VfB Stuttgart (ALL) 2 matchs

(Championnat d'Allemagne: 1 match)

(Coupe de l'UEFA: 1 match)

1982/84 1. FC Sarrebruck (ALL) 49 matchs, 23 buts
(Championnat d'Allemagne de D2: 27 matchs, 9 buts)
(Championnat d'Allemagne de D3: 21 matchs, 14 buts)
1984/85 Borussia Neunkirchen (ALL)
 
Joueur emblématique des Léopards, Etepe Katoko était un attaquant célèbre du premier représentant de l'Afrique noire en Coupe du Monde.
 
Malheureusement, le Zaïre va connaître un Mondial 1974 difficile en Allemagne. Après un mois de stage intensif en Suisse, la sélection aborde la compétition avec beaucoup d'ambition. Battu 2 buts à par l'Écosse alors au sommet de son football lors de son entrée en lice, les africains subissent un cinglant 9 buts à 0 face à la Yougoslavie toujours technique et difficile à manœuvrer puis une défaite 3 buts 0 face au Brésil, championne du Monde en titre. C'est à l'occasion de cette rencontre que Milunga Mwepu a surgi de son mur pour dégager le ballon sous les yeux de Jairzinho, de Rivelino et de l'arbitre, tous trois estomaqués. "Je n'ai aucune idée de ce qui lui est passé par la tête. Il a sans doute pensé que le ballon était en jeu, mais il ne s'est jamais vraiment expliqué et ça reste un mystère pour nous tous." avoue-t-il. "Aujourd'hui, la plupart des joueurs africains qui disputent une phase finale de Coupe du Monde ont déjà joué dans des clubs européens. Ce n'était pas notre cas en 1974. Nous avions une expérience africaine, mais ça ne suffisait pas pour rivaliser à ce niveau. C'était déjà une très grande réussite pour nous d'avoir disputé la Coupe du Monde et de représenter le continent. C'est quelque chose que je n'aurais voulu rater pour rien au monde." Si la plupart des internationaux zaïrois rêvent de signer un contrat dans un club européen à l'issue de la phase finale, leur déception est immense en constatant le peu d'intérêt suscité par leur performance de 1974. Le 4ème footballeur africain de l'année en 1973 lui poursuit sa carrière au CS Imana et travaille également pour Mercedes-Benz. Le constructeur allemand décide de l'envoyer en Allemagne pour suivre une formation jusqu'en 1977. C'est là que le VfB Stuttgart le remarque et le recrute. Il joue cependant plus avec l'équipe amateur que la A. En 1980, il remporte même le titre de champion d'Allemagne amateur, inscrivant 15 buts en 28 matchs. En cinq saisons, il ne dispute qu'un seul match de Bundesliga, c'était le 19 décembre 1981 face au Werder Brême (2-2), une rencontre où il côtoyait Karl-Heinz Förster et le français Didier Six. Celui qui est surnommé "le Dieu du ballon" retrouve le terrain et la joie de jouer lorsqu'il rejoint le 1. FC Sarrebruck pour deux saisons. Vainqueur de l'Oberliga Sud-Ouest en 1983, le feux-follet inscrit 9 pions en 27 matchs lors de sa seule saison complète (1983-84) en deuxième division allemande. Il raccroche les crampons l'année suivante au Borussia Neunkirchen. Si l'ancien Léopard n'éprouve aucune rancœur de ne pas avoir pu vivre du ballon rond, il admet toutefois ressentir une certaine tristesse en pensant au sort réservé à certains de ses coéquipiers d’Allemagne 1974. "Ça m'attriste de voir que certains n’ont obtenu aucune reconnaissance pour ce qu'ils ont réalisé", regrette-t-il.
 
PALMARÈS
 
Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974 (Zaïre)
4ème de la Coupe d'Afrique des Nations en 1972 (Zaïre)
Champion du Zaïre en 1974 (CS Imana)
Champion d'Allemagne amateur en 1980 (VfB Stuttgart Amateure)
Vainqueur de l'Oberliga Sud-Ouest en 1983 (1. FC Sarrebruck)
Vainqueur de l'Oberliga Baden-Württemberg en 1980 (VfB Stuttgart Amateure)
Finaliste de l'Oberliga Baden-Württemberg en 1981 (VfB Stuttgart Amateure)
 
SOURCES/RESSOURCES
 

22/11/2020
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Ilunga Mwepu

Ilunga Mwepu.jpg
Photo: ©DR

 

Ilunga Mwepu

 

Joseph Ilunga Mwepu

Né le 22 août 1949 au Congo Belge

Décédé le 8 mai 2015 à Kinshasa (RDC)

Congo.png Congolais, Défenseur central, 1m78

Surnom: Youda

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_7713855_201805182721549.png 21 sélections

(Coupe du Monde: 3 sélections)

 

1967/80 TP Englebert/TP Mazembe (ZAI)

 

Pilier défensif des glorieuses épopées du football zaïrois des années 60, Ilunga Mwepu a remporté la Ligue des Champions africaine à deux reprises avec le TP Englebert, en 1967 et 1968, triomphant également à la CAN 1974 avec les Léopards.
 
Mais c’est lors de la Coupe du Monde 1974 en Allemagne de l’Ouest que sa légende se sera forgée à travers une curieuse séquence qui aura marqué l’histoire de la compétition. Face au Brésil, et alors que les joueurs de la Seleçao se préparent à tirer un coup franc à la 78ème minute, l’illustre défenseur central du TP Mazembe s'extirpe de son mur, se rue vers le ballon et tire de toutes ses forces pour le dégager le plus loin possible devant les yeux ébahis de JairzinhoRivelino et l’arbitre colombien Omar Delgado, tous trois médusés. Il écope alors d’un simple carton jaune, provoquant la stupéfaction de ses partenaires et l’hilarité des 35 000 supporters du Waldstadion de Francfort. Si son geste atypique a été longtemps considéré comme étant une méconnaissance des règles, il s’est avéré que l’action était parfaitement volontaire selon les explications d’Ilunga lui-même. L’intéressé a déclaré par la suite qu’il a cherché en fait à se faire expulser pour exprimer son désaccord avec certains dirigeants de la Fédération zaïroise de football. Et il y a de quoi. À la suite de la boucherie contre la Yougoslavie (défaite 9 buts à 0), durant laquelle Mwepu donne un coup de pied à l'arbitre qui expulse par erreur son coéquipier Matambula N'Daye, le président Mobutu menace: prière de ne pas perdre par plus de trois buts d'écart contre le Brésil, sous peine de sanctions. C'est dans ce contexte que "Youda" a pété les plombs. Finalement, le joueur n'aura jamais réussi à atteindre son objectif de se faire expulser et rentrera au pays avec une valise de 14 buts encaissés en phase de poules. Si son geste a marqué l'histoire, Joseph Ilunga Mwepu était autres choses qu'un simple tireur fou. Une condition physique au-dessus de la moyenne, digne des meilleurs athlètes, et un engagement sans faille dans les duels. Grâce à ces méthodes musclées, le joueur des Léopards s'est imposé comme l'un des meilleurs défenseurs du continent. En mai 2015, il s’est éteint à Kinshasa des suites d’une longue maladie du foie.
 
PALMARÈS
 
Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1974 (Zaïre)
Vainqueur de la Coupe d'Afrique des clubs champions en 1967 et 1968 (TP Englebert)
Finaliste de la Coupe d'Afrique des clubs champions en 1969 et 1970 (TP Englebert)
Champion du Congo-Kinshasa en 1967 (TP Englebert)
Vice-champion du Congo-Kinshasa en 1968 (TP Englebert)
Vainqueur de la Coupe du Congo-Kinshasa en 1967 (TP Englebert)
Finaliste de la Coupe du Congo-Kinshasa en 1968 (TP Englebert)
Finaliste de la Coupe du Zaïre en 1973/74 (TP Mazembe)
 
SOURCES/RESSOURCES
 
- FIFA/So Foot
 
VIDÉO
 


02/04/2020
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Eugène Kabongo

Eugene Kabongo.jpg
Photo: ©DR

 

Eugène Kabongo

 

Eugène Kabongo Ngoy

Né le 3 novembre 1960 à Kinshasa (COD)

Congo.png Congolais, Attaquant, 1m83

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_7713855_201805182721549.png 21 sélections, 10 buts

(Autres: 19 sélections, 9 buts)

(Coupe d'Afrique des Nations: 3 sélections, 1 but)

 

1983/85 RFC Seraing (BEL) 27 matchs, 20 buts
1985/86 RC Paris (FRA) 35 matchs, 32 buts
(Championnat de France de D2: 30 matchs, 29 buts)
(Coupe de France: 5 matchs, 3 buts)
1986/87 RSC Anderlecht (BEL) 9 matchs, 1 but
1987/90 Olympique Lyonnais (FRA) 97 matchs, 65 buts
(Championnat de France: 26 matchs, 12 buts)
(Championnat de France de D2: 57 matchs, 36 buts)
(Coupe de France: 14 matchs, 17 buts)
1990/92 Bastia (FRA) 26 matchs, 15 buts

 

Attaquant zaïrois aussi sympathique que volontaire, Eugène Kabongo n’a pas vraiment eu de chance dans sa carrière. Repéré assez tardivement, il débute en Belgique, avant d’écumer la D2 Française, entre le RC Paris et Lyon, avec qui il sera champion.

 

Mais c'est d'abord dans son pays que ce globe-trotter a entamé une carrière très irrégulière. Né le 3 novembre 1960 à Kinshasa quelques mois seulement après l’indépendance, Eugène Kabongo Ngoy de son vrai nom fait sa formation dans les clubs de Kalamu et Matongé. De sa jeunesse au pays de Mobutu, on ne sait pas grand-chose mais manifestement, il bénéficie des connections belges de l’ancien régime pour taper dans l’œil du RFC Seraing en 1983, alors qu’il a déjà 23 ans. C’est comme ça qu’il débarque en Europe et embrasse une carrière pro. Attaquant vif et puissant, prenant la profondeur, il s’affirme comme un solide buteur, même s’il a tendance à croquer la feuille de match. Après deux saisons réussies, Kabongo est recruté par le RC Paris, qui évolue alors en D2 et vise la montée. Les ciel et blanc domine largement leur championnat et terminent 1er du Groupe B. Ils jouent le titre de champion contre un autre monument en péril: l’ASSE. Vainqueur du titre honorifique de champion, Kabongo est sacré meilleur buteur de D2, avec 29 buts inscrits. Alors en pleine bourre, l’international zaïrois suscite les convoitises des clubs les plus prestigieux. C'est le RSC Anderlecht qui empoche la mise en 1986.


Eugene Kabongo.jpg

Photo: ©Le ballon rond

 

Ici, la concurrence est rude entre Eddie Krncevic, Luc Nilis et Arnor Gudjohnsen. Kabongo va connaître un long passage à vide. À peine 200 minutes passées sur le terrain et l'attaquant fait tapisserie le reste du temps. Après cinq mois sans disputer le moindre match et malgré un titre de champion de Belgique, Kabongo est laissé libre et retourne en France, à l'Olympique Lyonnais. Il signe un contrat avec le tout nouveau président, Jean-Michel Aulas qui découvre pour la première fois les joies et les tracas de la direction d’un club durant cet été 1987. En l’engageant, le club rhodanien avait vu juste. Dès ses premiers matchs, il fait preuve de maîtrise dans son jeu. Il fait une belle première saison avec 14 buts en championnat mais les rhodaniens ratent toutefois l’accès à l’élite, perdant en barrage contre Caen. Sur le plan individuel, Kabongo connaît quand même une petite consécration, en étant élu meilleur joueur du championnat de deuxième division. La saison suivante sera la bonne, avec un nouveau titre de champion de D2. Auteur de 22 réalisations en championnat, c’est-à-dire exactement le nombre de buts encaissés par l’OL durant toute la saison, il contribue avec le duo Claudio Garcia - Ali Bouafia a faire remonter l’OL en D1. Une récompense amplement méritée pour le Congolais. Il découvre alors les joies de la première division à 29 ans, et n'a pas de grosses difficultés d'adaptation. Après des débuts difficiles, le promu lyonnais atteint finalement la huitième place du classement, terminant ainsi le championnat en première partie de tableau. Mais cette première saison dans l'élite sera la dernière sous les couleurs lyonnaises pour Eugène Kabongo, qui, voyant mal l'arrivée de Roberto Cabañas, décide de quitter Lyon et de signer au SC Bastia. C’est le début de la fin.

 

Handicapé par des blessures récurrentes, il ne dépasse pas la quinzaine de match et n’a plus la même vivacité. Auteur d’un bon début de saison, avec 8 buts, il se blesse gravement début novembre. Son absence coïncide avec la dégringolade du club corse qui quitte la première place. Il ne reviendra jamais à son meilleur niveau. La saison suivante sera sa dernière. En onze apparitions, il marque tout de même 7 buts, mais le physique ne suit plus. La saison bastiaise se termine le 5 mai 1992, avec le drame de Furiani lors de la demi-finale de la Coupe de France contre l’OM. Quelques semaines plus tôt (le 1er mars), Kabongo avait été déclaré inapte à la pratique du football par la Ligue… Après la fin de sa carrière, Eugène retourne au pays, où il fonde une école de football en partenariat avec le RSC Anderlecht. Il se lancera également en politique et deviendra, de 2000 à 2002, ministre de la Jeunesse et des Sports de la République Démocratique du Congo. Pendant quelques mois, il sera même un éphémère sélectionneur.

 

PALMARÈS

 

Champion de Belgique en 1987 (RSC Anderlecht)

Champion de France de D2 en 1986 (RC Paris) et 1989 (Olympique Lyonnais)

Vice-champion de France de D2 (groupe A) en 1988 (Olympique Lyonnais)

 

DISTINCTIONS PERSONNELLES

 

Trophée UNFP du meilleur joueur de D2 en 1988 

Meilleur buteur du championnat de France de D2 (groupe B) en 1986 (29 buts) (RC Paris)


09/08/2019
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Pierre Kalala Mukendi

Pierre Kalala Mukendi.jpg
Photo: ©Mbokamosika

 

Pierre Kalala Mukendi

 

Né le 22 novembre 1939 à Jadotville (COD)

Décédé le 30 juin 2015 à Johannesbourg (AFS)

Congo.png Congolais, Attaquant, 1m84

Surnom: Le bombardier

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_7713855_201805182721549.png 90 sélections, ? buts

 

1958/62 US Panda (Congo Belge)

1962/74 TP Englebert (RDC)

 

Adoubé par tout un peuple, vénérés par des fans qui le hissent au rang de "dieu" du football, Pierre Kalala Mukendi aura incontestablement marqué l’histoire de son pays pour avoir offert à la République Démocratique du Congo ses tous premiers sacres continentaux tant en club qu’en équipe nationale.
 
Footballeur de génie, entraîneur-sélectionneur chevronné, directeur technique national et expert à la confédération africaine de football (CAF). Sa contribution à l’essor du football lui a valu d’être considéré comme une légende du football africain. Né à Likasi (ex-Jadotville) dans la région du Katanga le 22 novembre 1939, le petit Kalala se passionne très vite pour le football. Multipliant les exploits dans les tournois de quartiers et scolaires, il est repéré par l’Union Panda qui lui fait signer son premier contrat professionnel en 1958. Quatre années plus tard, Kalala s’engage avec le Tout Puissant Anglebert, actuel Tout Puissant Mazembe. En 1964, l'attaquant au gabarit gigantesque (1m85 et plus de 90 kilos) hérite du brassard de capitaine du club de Lubumbashi. À l’époque, très peu de clubs avaient des entraîneurs et Kalala conforte son rôle de leader de l’équipe par une fonction de coach. Deux saisons après, le TP Engelbert carbure, Kalala et ses coéquipiers raflent à trois reprises le championnat du Congo (1966, 1967 et 1969), décrochent deux coupes nationale d’affilés (1967 et 1968) et enfin une reconnaissance continentale avec deux coupes d'Afrique des clubs champions en 1967 et 1968, terminant également finaliste des éditions 1969 et 1970.

Pierre Kalala Mukendi.jpg
Photo: ©DR
 
Doté d'une frappe de balle surpuissante, d'une grande combativité ainsi que d'une intelligence tactique haut de gamme, les qualités athlétiques du Bombardier font merveilles. En 1968, il conduit les Lions -ancien surnom de la sélection congolaise- à la Coupe d’Afrique des Nations et remporte la sixième édition de la compétition, organisée en Ethiopie. C’était un dimanche 21 janvier 1968, devant 45 000 supporters en transe au Stade Haïlé-Sélassié d’Addis-Abeba (aujourd’hui Addis Abeba Stadium) lorsque le buteur a fait parler la poudre, délivrant les siens lors de la grande finale face aux Black Stars du Ghana signant ainsi l’unique but de la rencontre à la 68ème minute (score final 1 but à 0). C’est la grande hystérie, le Congo-Kinshasa est pour la première fois de son histoire champion d’Afrique. Une réalisation historique qui a permis au pays de s’intégrer pour la première fois au palmarès de la CAN et de mettre ainsi un terme à l’hégémonie des Black Stars du Ghana sur le football africain à l’époque. Icône nationale, Kalala se voit rebaptisé un peu partout dans le pays: "Le bombardier", "le père de l’aventure internationale" ou encore "le dieu du football congolais".
 
Le succès du Tout Puissant Englebert et de l’équipe nationale du Congo-Kinshasa au milieu des années 60 sont en grande partie dus à Kalala Mukendi. Il était le "Monsieur-but de son pays", c’est en ces termes que le footballeur de génie est présenté dans le livre du cinquantenaire de la CAF, publié en 2007. Il met un terme à sa carrière à l'âge de 35 ans, en 1974, en ayant effectué toute sa carrière dans son pays. Les transferts vers l'Europe étaient rares à l'époque. Mais Kalala aurait largement eu les moyens de s'imposer dans les grands clubs du Vieux Continent. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si beaucoup de jeunes Africains se donnent à ce jour pour surnom "Kalala". Un joueur qui n’est pas seulement l’un des plus grands de l’histoire des Léopards, mais sans doute le plus grand de tous! Comme entraîneur, il remporte la Coupe d’Afrique des Vainqueurs des Coupes avec le TP Mazembe en 1980. Il disparaît le 30 juin 2015, à l’âge de 76 ans des suites d’une longue maladie, en Afrique du Sud. Moins connu maintenant par les nouvelles générations, il n’en reste pas moins l’un des plus grands footballeurs africains, et sans doute le meilleur de sa génération.
 
PALMARÈS
 
Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1968 (Congo-Kinshasa)
Vainqueur de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1968 et 1969 (TP Englebert)
Finaliste de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1970 et 1971 (TP Englebert)
Champion du RD Congo en 1966, 1967 et 1969 (TP Englebert)
Vainqueur de la Coupe du RD Congo en 1966 et 1967 (TP Englebert)

02/04/2019
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