FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

Moacir Barbosa

Moacir Barbosa.jpg
Moacir Barbosa

 

Moacir Barbosa Nascimento

Né le 27 mars 1921 à Campinas (BRE)

Décédé le 7 avril 2000 à Praia Grande (BRE)

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4827223_201505174016510.png Brésilien, Gardien de but, 1m74

Surnom: L'express de la victoire

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4827223_201505174016510.png 20 sélections

(Coupe du Monde: 6 sélections)

(Copa America: 9 sélections)

(Copa Rio Branco: 4 sélections)

(Copa Roca: 1 sélection)

 

1ère sélection : le 16 décembre 1945 contre l'Argentine (3-4)

Dernière sélection : le 12 mars 1953 contre l'Equateur (2-0)

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4827223_201505174016510.png non-officiel: 2 sélections

 

1940/41 ADCI-SP (BRE)
1942/44 Ypiranga-SP (BRE)
1945/55 Vasco de Gama (BRE)
1956 Bonsucesso (BRE) (Prêt)
1957 Santa Cruz (BRE)
1958/60 Vasco de Gama (BRE)
1962 Campo Grande (BRE)

 

1950, après douze années d’éclipse dû à la Seconde Guerre Mondiale, la coupe du Monde de football renaît. Une édition haute en couleurs qui s’est tenue au Brésil, terre du football par excellence mais qui sera avant tout marquée par un drame: la défaite de la sélection locale lors du dernier match de la compétition. Ce revers entré dans l’histoire du football brésilien (et du Brésil tout court) sous le nom du Maracanaço est imputé à un homme: Moacir Barbosa Nascimento, le malheureux gardien de la Seleçao, qui portera seul le fardeau de cette désillusion. Né le 27 mars 1921 à Campinas, Moacir Barbosa est l’un des meilleurs gardiens à l'époque. Arrivé au Vasco De Gama en 1945, il s’y impose rapidement et ses exploits le propulse jusque dans la cage de la Seleçao. Celui qui a inventé le dégagement aux six mètres est alors un des premiers gardiens noirs du Brésil. Moacir Barbosa.jpgLe portier sans gants (il n’en portait pas) remporte la bagatelle de six championnats carioca sous le maillot noir et blanc. Mieux, il est en 1949 le leader de l’arrière-garde auriverde lors du triomphe en Copa America. Lors de cette coupe du Monde 1950, il brillera de mille feux et sera même élu meilleur gardien de la compétition à l’issue du tournoi. Malheureusement pour lui, tous ces lauriers seront définitivement envoyés aux oubliettes ce 16 juillet 1950. Lors de ce match décisif, le Brésil est tenu en échec par l’Uruguay (1-1) mais n’a besoin que d’un nul pour triompher et soulever sa première coupe du Monde. Dans un Maracana en fusion et totalement acquis à la cause brésilienne, tous les voyants semblent au vert pour les coéquipiers d’Ademir (Meilleur buteur du tournoi) qui poussent pour faire la décision. Mais le match va basculer à la 79ème minute. L’ailier uruguayen Alcides Ghiggia prend le meilleur sur son vis-à-vis et déborde, Barbosa à le tort d’anticiper un centre et quitte sa ligne de but. Le voyant avancé, Ghiggia délivre un centre-tir qui fait mouche, crucifie le Brésil et bouleverse à jamais la vie de Moacir Barbosa. Le Brésil ne s’en relèvera pas, son gardien non plus. Ce jour-là, tout Maracana pleure et le pays se couche le vague à l’âme. Pour Barbosa, le pire ne faisait pourtant que commencer. Désigné comme bouc-émissaire de cette défaite, il devient la cible de la population et des médias. Moqué au mieux, houspillé, injurié et traité comme un suppôt de Satan au pire, Barbosa se barricade à son domicile quelque temps. Devenu la honte du pays, le paria enterrera ses espoirs de gloire et devra porter sa croix jusqu’à sa mort, crucifié par des supporters en colère. Ce déchaînement aux relents racistes transformera la vie toute entière du héros malheureux. De nombreuses légendes ont d’ailleurs été tissées à son propos (on le disait mort de chagrin ou qu’il aurait passé des années sans sortir de chez lui). Il continuera cependant sa carrière mais ne reportera plus qu’une seule fois le maillot de la Seleçao (en 1953 lors d’un match contre l’Équateur). Pourtant pressenti pour la Coupe du Monde suisse en 1954, lors de laquelle il aurait pu prendre une revanche, il se casse une jambe pendant un match et rate la compétition helvétique. Celui qui était surnommé "L’Express de la victoire" lors de ses années fastes au Vasco De Gama, jouera jusqu’en 1962 avant de raccrocher les crampons. Les malheurs de Barbosa ne s’arrêtent cependant pas avec sa fin de carrière. Considéré comme un chat noir et assimilé à l’incarnation même de la malchance, il subit nombre de vexations jusqu’à la fin de sa vie. Ainsi en 1994, il se voit refuser l’accès par Mario Zagallo au centre d’entrainement de la Seleçao, de peur qu’il ne porte la poisse à l’équipe. Quelques mois auparavant, le président de la fédération en personne, Ricardo Texeira, était intervenu pour qu’il ne commente pas un match de l’équipe nationale à la télévision. Ce qui fera dire à Barbosa: "Au Brésil, la peine maximale pour un crime est de 30 ans. Moi, je paie depuis plus de 43 ans pour un crime que je n’ai pas commis. " Pour certains observateurs, sa couleur de peau serait d’ailleurs l’une des explications de cet acharnement, notamment médiatique. C'est la théorie de son partenaire Zizinho. On ne reverra pas de portier de couleur de la Seleçao avant Dida en 1999, une paranoia selon Paul Guilherne, auteur de "Goleiros", livre de référence sur l’histoire des gardiens brésiliens. En 1963, il avait cru pouvoir exorciser ses démons en brûlant les anciens poteaux de cette finale honni, que l’administrateur du célèbre stade lui avait offert. Mais rien n’y fera, il restera pour beaucoup le symbole de cette déchéance. Seul l’un de ses successeurs sur le terrain, en l’occurence Gilmar le double champion du Monde (1958 et 1962), a le courage de briser cet interdit en 1999 en lui déclarant qu’il a été le meilleur de tous les gardiens. Autre anecdote, reconnu par une femme à la sortie d’un supermarché en 1970, cette dernière dit à son jeune fils: "Regarde, viens ici mon fils, c’est l’homme qui a fait pleurer le Brésil tout entier. " Décédé le 7 avril 2000 à l’âge de 79 ans, il aura porté le poids de la honte, de la colère et de l’intolérance durant quasiment un demi-siècle.

 

PALMARÈS


Finaliste de la Coupe du Monde en 1950 (Brésil)

Vainqueur de la Copa America en 1949 (Brésil)

Finaliste de la Copa America en 1953 (Brésil)

Vainqueur de la Copa Roca en 1945 (Brésil)

Vainqueur de la Copa Rio Branco en 1947 et 1950 (Brésil)

Vainqueur du Championnat Sud-Américain des clubs champions en 1948 (Vasco de Gama)

Vainqueur du Championnat de Rio en 1945, 1947, 1949, 1950, 1952 et 1958 (Vasco de Gama)

Vainqueur du Tournoi Rio-São Paulo en 1958 (Vasco de Gama)

Vainqueur du Torneio Início de Rio de Janeiro en 1948 (Vasco de Gama)

Vainqueur du Tournoi municipal de Rio de Janeiro en 1946 et 1947 (Vasco de Gama)

 

DIVERS


- Un film de treize minutes simplement intitulé "Barbosa" (1988) propose de remonter le temps pour effacer le but de l’Uruguayen Ghiggia qui traumatisa le Brésil, en 1950. C'est l'histoire d'un homme qui s’est décidé à changer les choses. Il a construit une machine à remonter le temps et se retrouve dans le Brésil de 1950. Il se rend au stade du Maracanã où se joue le match. Il tente de s’approcher de Barbosa pour le prévenir du danger que représente Ghiggia. Il s’agit d’un court-métrage brésilien, basé sur une nouvelle de Pablo Perdigao, "Anatomie d’une défaite" ("Anatomía de una derrota"), créé et joué par Antonio Fagundez. Le film a priori amusant contient quelques moment d’émotion, notamment lorsque s’y glissent les témoignages de Moacir Barbosa, le vrai, le gardien sur qui le Brésil tout entier à rejeté la faute de la défaite. La fiction ne parvient pas à changer le cours de la réalité. Elle confirme au contraire que l’histoire est écrite et que nul ne peut la modifier. Le héros du film le comprend bien, lorsque sa tentative échoue et qu’il prend alors sur lui toute la culpabilité de son acte.

- Un livre est également sorti en 2008 intitulé "L'ultima parata di Moacyr Barbosa" et écrit par Darwin Pastorin. Son petit ouvrage fait d’une douzaine de récits ayant tous traits, de près ou de loin, à ce funeste 16 juillet ; il dédie par ailleurs son livre à tous les rebelles, rêveurs et fugitifs.

 

VIDÉO




27/03/2020
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