FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

Bert Trautmann

Bert Trautmann.jpg
Bert Trautmann

 

Bernhard Carl Trautmann

Né le 22 octobre 1923 à Brême (ALL)

Décédé le 19 juillet 2013 à La Llosa (ESP)

 Allemand, Gardien de but, 1m84

 

1948/49 St Helens Town (ANG) 43 matchs
1949/64 Manchester City (ANG) 545 matchs
(Championnat d'Angleterre: 466 matchs)
(Championnat d'Angleterre de D2: 42 matchs)
(Coupe d'Angleterre: 33 matchs)
(Coupe de la ligue anglaise: 2 matchs)
1964 Wellington Town (ANG) 2 matchs
 
Lev Yachine, légendaire gardien russe, considérait Bert Trautmann comme l’un des meilleurs gardiens de tous les temps, disant que le portier allemand et lui étaient les "seuls gardiens de classe mondiale. "Avant de devenir le plus grand gardien de but de l'histoire de Manchester City, il avait tout de même connu la montée du nazisme, la Luftwaffe, le front russe et les camps de prisonniers. Né dans la toute jeune république de Weimar en 1923 d'un docker brêmois, vétéran de la Grande Guerre, Bernhard Carl Trautmann passe la plupart de son temps au sein des Jeunesses Hitlériennes. À l’âge de 16 ans logiquement, quand le conflit explose, Bert se porte volontaire, comme la plupart de ses amis. Alors qu’il est apprenti mécanicien – et bon ailier gauche dans un club de Brême – il rejoint en 1941 la prestigieuse Luftwaffe, en espérant devenir pilote. Cantonné aux transmissions, il intègre finalement au bout de quelques semaines les troupes aéroportées. Le para Trautmann voyage sur les différents fronts. La Pologne occupée tout d’abord, où, loin des champs de bataille, il s’ennuie considérablement. Il connaîtra son baptême du feu en Ukraine, où ses exploits sur le terrain et son évasion des geôles soviétiques font de lui un caporal. Direction ensuite la Somme, où il est fait prisonnier par les résistants français, qu’il parvient à berner pour revenir en Allemagne, fuyant la débâcle de ses compatriotes devant la poussée alliée. Bert Trautmann.jpgC’est finalement l’armée anglaise qui parvient à maîtriser l’intrépide. Elle l’envoie dans un camp de prisonniers à Ashton près de Manchester. En 1948, la tâche terminée, Bert fait partie des 24 000 allemands qui ne rentreront pas chez eux, dans leur nouvelle démocratie. Comme beaucoup, il a commencé une nouvelle vie sur place, il s’est marié, et enchaîne même les petits boulots. La légende veut même que cela soit dans un de ces centres pour anciens nazis qu’il connaîtra l’un des tournants de sa vie. Au cours de ces parties endiablées, il se retrouve dans les buts suite à la blessure d'un de ses gardes et s’y révèle très bon. Lui à qui on avait appris pendant des années à éviter les balles, doit désormais les arrêter avec son corps. Avec succès, puisque ses acrobaties d’ancien para font un carton dans le petit club de St-Helen’s Town qui bénéficie de ses exploits. L’élite s’y intéresse rapidement, et c’est en 1949 que le club voisin de Manchester City rafle la mise pour remplacer Frank Swift devenu journaliste. Lorsque l'ancien soldat allemand signe, il est rejeté par les supporters des Citizens, qui compte une communauté juive importante. À son arrivée, des centaines de lettres d'insultes avaient été envoyées au siège du club. Face à Maine Road, le stade d'alors, 25 000 personnes avaient manifesté, brandissant des pancartes traitant la recrue de "nazi" et de "criminel de guerre". Dans l'Angleterre meurtrie de l'après-guerre, encore traumatisée par les bombardements intensifs des Allemands, le pedigree du gardien, qui venait d'être détaillé avec précision dans la presse locale, ne pouvait laisser indifférent. Il lui faudra du temps et pas mal de grosses performances pour faire taire les contestataires. C’est avec appréhension qu’il prépare son premier match à Londres, contre Fulham, dans une ville encore hantée par le Blitz de 1940 comme il a expliqué à l'époque: "Je comprends que le peuple de Londres ne devait pas tenir un Allemand en très grande estime après ce qu’il s’était passé, mais c’était quelque chose auquel je devais faire face. " Il répondra de la meilleure des façons à ses détracteurs par une performance inouïe à Craven Cottage. "Je voulais montrer aux gens que j’étais un bon gardien et un bon Allemand, et les choses sont allés dans mon sens ce jour-là. Mais que les deux équipes m’applaudissent à la fin du match, et que les fans de Fulham me fassent une standing ovation, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. " Ses performances prennent alors le dessus et cette tension s’atténue progressivement. Devenu un pilier de City, il va sortir le match de sa vie en 1956. Un an après leur finale de FA Cup perdue face à Newcastle, les Citizens se qualifient à nouveau pour Wembley et affrontent Birmingham. Il reste une demi-heure de jeu et les Skyblues mènent au score 2 buts à 1. Les Blues eux tentent le tout pour le tout mais Trautmann fait bonne garde. À la 73ème minute, en plongeant dans les pieds de l’attaquant Peter Murphy, il se sacrifie la tête la première. Le gardien allemand ressent une douleur au cou, une souffrance qui ne l'empêchera pas d'aller au bout du match. City l’emporte finalement 3 buts à 1 et Trautmann gagne enfin sa place dans l’histoire. Mais celui que les Anglais surnomment Bert car plus facile à prononcer a toujours mal au cou, au point de devoir pencher la tête sur le coté pour soulager la douleur. L’examen qui suivra livrera son verdict: Trautmann a joué un quart d’heure avec plusieurs vertèbres brisés au niveau de la nuque! Élu Footballeur de l'année par les journalistes en 1956, il devient le premier gardien et le premier joueur non originaire de Grande-Bretagne à recevoir cette distinction. Bien que reconnu comme un portier de tout premier plan à son époque, il n'a jamais joué pour son pays natal. Trautmann rencontre le sélectionneur allemand Sepp Herberger en 1953, qui lui explique qu'il ne peut sélectionner un joueur qui n'est pas immédiatement disponible du fait des voyages et des implications politiques, et qu'il ne peut reconsidérer sa position que si Trautmann joue pour un club allemand. Par conséquent, le fait qu'il joue en Angleterre l'empêche de prendre part à la victoire allemande lors de la Coupe du Monde en 1954, le poste de gardien étant tenu par Anton Turek. Après 545 apparitions entre 1949 et 1963 sous le maillot de City, Bert Trautmann se retire à Wellington Town en 1964 à l’âge de 41 ans. Devenu manager puis sélectionneur du Libéria, du Pakistan et de la Tanzanie, il a passé ses derniers jours de retraité sous le soleil d’Espagne, avant de disparaître le 19 juillet 2013 à l'âge de 89 ans. Premier allemand à faire partie du "English Football Hall of Fame", il restera célèbre pour son histoire si particulière de vertèbres brisées. Mais après tout, comme le disait Francis Lee, la star de City de l’époque, "Il a été sur le front occidental et sur le front oriental, il a vu un peu d’action et ce n’était pas un cou cassé qui allait le mettre hors d’état. Un grand footballeur autant qu’un grand homme, une icône.
 
PALMARÈS
Vainqueur de la Coupe d'Angleterre en 1956 (Manchester City)
Finaliste de la Coupe d'Angleterre en 1955 (Manchester City)

Finaliste du Charity Shield en 1956 (Manchester City)

 

DISTINCTIONS PERSONNELLES


Élu Footballeur de l'année de la FWA en 1956

Inclus parmi les 100 légendes de la Football League

Intronisé au Hall of Fame du foot anglais en 2005

Intronisé au Hall of Fame du sport allemand en 2011

Nommé Officier de l’Ordre de l’Empire britannique en 2004

À reçu la Croix de fer de 1ère classe de l'Empire allemand en 1942

 

SOURCES/RESSOURCES


- Bert Trautmann, the Good German - publié sur kicknrush puis les Cahiers du football

↑Auteur: 

- Bert Trautmann, du nazisme à Wembley - publié sur TLM sen foot

↑ Auteur: 

- 1ère photo: ©PA Images Archive

- 2ème Photo: ©Hulton Archive/Getty Images



16/02/2021
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