Football-the-story, les légendes du foot

Football-the-story, les légendes du foot

Robin Friday

Robin Friday.jpg
Photo: ©Get Reading

 

Robin Friday

 

Né le 27 juillet 1952 à Acton (ANG)

Décédé le 22 décembre 1990 à Acton (ANG)

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4851450_201505250042828.png Anglais, Attaquant, 1m80

 

1971 Walthamstow Avenue (ANG)
1971/73 Hayes (ANG)
1973 Enfield (ANG)
1973/74 Hayes (ANG)
1974/76 Reading (ANG) 135 matchs, 53 buts
(Championnat d'Angleterre de D3: 16 matchs, 3 buts)
(Championnat d'Angleterre de D4: 105 matchs, 43 buts)
(Coupe d'Angleterre: 3 matchs, 2 buts)
(Coupe de la ligue anglaise: 11 matchs, 5 buts)
1976/77 Cardiff City (ANG) 25 matchs, 7 buts
(Championnat d'Angleterre de D2: 21 matchs, 6 buts)
(Coupe du Pays de Galles: 4 matchs, 1 but)

 

Élu meilleur footballeur de l’histoire de Reading et Cardiff, Robin Friday est le meilleur joueur que nous n'avons jamais vu jouer. Encore plus fou que George Best, ce mélange de Paul GascoigneZlatan IbrahimovicLuis Suárez et James Dean dans le corps et la tête d'un seul individu faisait vibrer les stades avec son look de mauvais garçon et son image d’enfant terrible.

 

Natif de Acton, un district de l'ouest londonien, il grandit dans un milieu modeste et connaît une adolescence agité. Passé en maison de correction, le jeune Robin a faillit perdre la vie en réparant un toit. Après une chute sur un pieu qui lui a perforé l'estomac, Friday passera trois mois à l'hôpital. Il entame ensuite sa carrière de footballeur dans des petits clubs de la capitale anglaise, puis passe quatre saisons sous les couleurs de Reading dans les années 70 où il contribue grandement à la montée des siens en troisième division anglaise. À lui seul, il a transformé l’image du club. Une quantité formidable de gens l’idolâtrait, beaucoup de gens se rendaient spécialement à Reading juste pour le voir. Très bon de la tête, adroit des deux pieds, il pouvait inscrire des buts spectaculaires, comme cette réalisation énorme contre Tranmere d'un contrôle à 35 mètres dos au but, avec deux jongleries et volée pied droit en lucarne enchaînée, considéré comme un véritable chef-d'œuvre. Pur avant-centre, il n’hésitait pas à prêter main forte à sa défense et mettre le pied. Il maîtrisait parfaitement l’art du tacle glissé. Pisté pendant de nombreuses années par les recruteurs de tous les clubs de Londres (Arsenal, Crystal Palace et autres), Friday a toujours refusé les offres des équipes de D1 pour continuer à jouer avec ses potes en D4 et continuer sa vie d'excès en tous genres. Car c'est là tout le problème. 

 

Capable de tout, comme de s'arrêter devant le but vide pour pousser le ballon de la tête, de jouer sans se cacher sous acide ou de déféquer dans les vestiaires adverses, tous les recruteurs étaient scandalisés par ses extravagances, même si son talent seul l’aurait probablement fait international. Alcoolique et fumeur invertébré, Robin arrivait quelquefois totalement défoncé sur le terrain. Ce qui ne l’empêchait pas, une fois toutes les substances dissipées, d’être invariablement le meilleur joueur du match. Pour la 3ème mi-temps, une nouvelle tournée au pub s’imposait, le plus souvent avec une bagarre à la clé, puis une sortie dans les dancefloors des environs. Pour la petite histoire, le "Janis Choplin du football" était un grand fan des manteaux en fourrure, super tendance ces années là. Le gros problème c’est qu’il ne mettait rien dessous, plus pratique pour danser, c’est vrai. La nuit se finissait plutôt le matin avec du Led Zeppelin ou Alex Harvey Band à fond, des bières, des substances prohibées et quelques filles... L’entraîneur de Reading lui avait même trouvé un appartement dans une résidence pour personnes âgées sourdes pour ne pas avoir de problème!

 

Robin Friday.jpg
Photo: ©Western Mail Archive

 

De même, sur le terrain, Robin faisait le show! On pouvait le voir aller embrasser un policier et jouer quelque temps avec sa casquette sur la tête, sa manœuvre favorite était d’aller baisser les shorts de ses adversaires en plein match. Ou bien d’allonger un défenseur trop rugueux d’un bon crochet du droit pendant que l’arbitre ne regardait pas. Son expulsion la plus cocasse a lieu lorsqu’il dribble tous ses adversaires, gardien compris, se retourne pour demander une gâterie sexuelle au portier adverse, stoppe le ballon devant la ligne, s’allonge et marque en poussant le cuir dans les filets... de la tête. Bref il était totalement fou! Quelques séjours en prison ont bien sûr émaillé son parcours. Il a attaqué un chauffeur de taxi avec une fourchette en plastique, monté sur le toit du bus de son équipe en montrant ses fesses, volé un cygne lors d’un séjour à un hôtel, fait d’autant plus aggravant qu’en Angleterre, tous ces oiseaux appartiennent à la Reine... Malgré cette vie pas vraiment dédiée au football, il a fini meilleur joueur les trois saisons jouées dans l'antre de Elm Park, avant d'apparaître une vingtaine de fois au deuxième échelon avec Cardiff City. Charlie Hurley, le manager de Reading, savait que sa star se droguait de plus en plus et ne pouvait plus le contrôler. Il lui avait même demandé quand il comptait se calmer. Robin lui a répondu calmement: "J'ai la moitié de ton âge, mais j'ai déjà vécu deux fois ta vie."

 

La veille de son premier match sous le maillot des Bluebirds contre Fulham, Robin prend une cuite monumentale avant de se faire coffrer pour avoir fraudé en prenant le train afin de rejoindre Ninian Park. Libéré juste à temps pour jouer, il plante tranquillement deux buts devant la plus grosse affluence de la saison (20 368 spectateurs) et ridiculise le grand Bobby Moore, avec en prime une empoignade des testicules du champion du Monde 1966. Malheureusement, sa carrière s'achève après un trop fameux Cardiff City-Luton Town où, après n'avoir cessé de ridiculiser durant la partie, sportivement et.. moins sportivement Milija Aleksic, le gardien des Hatters, il lui marque deux pions. Après le second, Friday se retourne et lui adresse le V de victoire au gardien de Luton Town. Un geste qui a déclenché des émeutes. Pour son retour le 29 octobre 1977,  il prend un carton rouge après avoir donné un coup de pied au visage du défenseur de Brighton Mark Lawrenson, futur cadre de Liverpool. Juste avant de quitter le stade, il aurait déféquer dans le sac de l'irlandais selon la légende. Ses coéquipiers ont par la suite démenti la rumeur. De plus en plus absent, le club entame une procédure contre Robin Friday pour "non-respect du contrat". Le joueur est aussi dans le collimateur de la fédération galloise pour avoir accumulé 20 points à son casier disciplinaire. Un mois et demi plus tard, il entre dans le bureau de son entraîneur pour lui signifier: "J'en ai ras le cul qu'on me dise ce que je dois faire, à moi, Robin Friday. J'arrête ma carrière." Ce qu'il a fait, à seulement 25 ans. Reconverti comme asphalteur et décorateur, c'est un arrêt cardiaque dû à une overdose d'héroïne qui l'emporte le 22 décembre 1990, à seulement 38 piges, alors qu'il vivait isolé sans argent, dans sa ville natale.

 

De par l'anonymat relatif de ses clubs, relativement peu d'informations, d'images et de contenus sont dédiés sur le web à un joueur adulé par de nombreux fans. Pour autant, un best-seller consacré à l'attaquant anglais est sorti en 1997. Pour ceux qui veulent en savoir plus, le petit livre du journaliste Paulo Hewitt et du bassiste du groupe Oasis Paul McGuigan s’intitule "The Greatest Footballer you never saw". Il a également été choisi pour être sur la pochette d’un single du groupe d'électro-alternative-pop-rock gallois des Super Furry Animals. Il y a même un trophée qui porte son nom célébrant le pire bad boy de l'actualité footballistique crée par la Burst Radio, une station locale de Bristol: le "Robin Friday Raise a Glass Award". Celui qui ressemble à Roger Waters reste une sorte de génie débraillé et accroc à tous les vices. Un joueur culte qui aurait pu être un grand du football anglais. Au lieu de ça, il a été son enfant terrible le plus givré.

 

PALMARÈS

 

Finaliste de la Coupe du Pays de Galles en 1977 (Cardiff City)

 

DISTINCTIONS PERSONNELLES

 

Élu joueur de l'année de Reading en 1975 et 1976

 

SOURCES/RESSOURCES

 

The Greatest Footballer You Never Saw : Robin Friday Story de Paul McGuigan et Paulo Hewitt - 1998



09/12/2021
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1201 autres membres