Football-the-story, les légendes du foot

Football-the-story, les légendes du foot

Mustapha Zitouni

Mustapha Zitouni.jpg
Photo: ©La Gazette du Fennec

 

Mustapha Zitouni

 

مصطفى زيتوني

Né le 19 octobre 1928 à Alger (ALG)

Décédé le 5 janvier 2014 à Nice (FRA)

Algerie.png Algérien/ https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4844082_201505223457315.png Français, Défenseur central, 1m75

Surnom: Monsieur Football

 

https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4844082_201505223457315.png 4 sélections

(Matchs amicaux: 3 sélections)

(Qualif Coupe du Monde: 1 sélection)

 

1ère sélection : le 6 octobre 1957 contre la Hongrie (2-0)

 

Algerie.png 7 sélections

(Matchs amicaux: 7 sélections)

 

Dernière sélection : le 4 novembre 1964 contre l'URSS (2-2)

 

Algerie.png FLN: 80 sélections, 4 buts

 

1950/53 OM Saint-Eugène (ALG)
1953/54 AS Cannes (FRA) 38 matchs, 4 buts)
(Championnat de France de D2: 36 matchs, 4 buts)
(Coupe de France: 2 matchs)
1954/58 AS Monaco (FRA) 152 matchs, 2 buts
(Championnat de France: 136 matchs, 2 buts)
(Coupe de France: 12 matchs)
(Coupe Charles Drago: 4 matchs)
1964/67 RC Kouba (ALG)

 

Passé par Cannes et Monaco dans les années 50, Mustapha Zitouni a été probablement le meilleur défenseur du Monde à son époque et celui, aussi, dont le grand Alfredo Di Stefano avait reconnu, après un France-Espagne (2-2) disputé à Paris le 13 mars 1958, comme étant le plus brillant arrière central qu'il ait jamais rencontré. Il l'avait même invité à rejoindre le Real Madrid. Zitouni a gentiment refusé, préférant rejoindre la naissante équipe du Front de Libération Nationale (FLN) au printemps 1958.

 

Né le 19 octobre 1928 à Alger, Mustapha Zitouni commence à tâter le ballon dès son plus jeune âge, sur les terrains vagues et les ruelles de son quartier de Saint Eugène. Il traverse la Méditerranée quelques mois avant le déclenchement de la guerre de Libération nationale. Arrivé sur le tard en France, il démarre son parcours pro à l’AS Cannes, club qui formera plus tard un certain Zinedine Zidane, un autre génie lui aussi d’origine Algérienne. Nous sommes en 1953 et Zitouni a 25 ans. Pionnier de la défense moderne "en zone", il possédait un formidable coup d’œil qui lui permettait d’anticiper sur de nombreuses actions et un placement sans égal qui l'aidé à ne pas courir dans le vide.

Après un passage réussi sur la Croisette, il acquiert une autre dimension qui aiguise l’appétit d’un autre club sudiste: l’AS Monaco. Attiré par ce défenseur hors du commun, les dirigeants de la Principauté tentent de le faire venir sur le Rocher. Mieux armé, plus puissant économiquement, avec d’énormes ambitions, le club asémiste attire donc la perle du voisin. Sous le maillot Rouge et Blanc, il explose et participe aux premières années de l'ASM en première division (1954-1958). S’affirmant au fil du temps comme le meilleur arrière central de D1 à bientôt 30 ans, il est en passe de pousser vers la sortie l’inamovible titulaire du poste: le grand Robert Jonquet, axial du grand Stade de Reims et capitaine des Bleus. Paul Nicolas, le sélectionneur français de l’époque, se presse de l’introniser au centre de la défense tricolore. En quatre apparitions avec les Bleus, respectivement contre la Hongrie, la Belgique, l’Angleterre et l’Espagne, il devient incontournable à son poste. On se rappelle encore du 13 mars 1958 où il a muselé le meilleur joueur de son temps, Alfredo Di Stefano, au Parc des Princes. Le génie défensif avait pris le pas sur celui de l’attaque. Sans doute un des plus grands moments footballistique du natif d'Alger, en équipe de France, qui avait remporté tous ses duels face au buteur espagnol.

 

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Photo: ©DR

Mais un mois plus tard, avant que ne débute la Coupe du Monde 1958 en Suède, Zitouni décide de quitter la France clandestinement et rejoint d’autres joueurs, comme Rachid Mekhloufi, Saïd Brahimi ou Abdelaziz Ben Tifour, pour constituer l’équipe du Front de Libération National (FLN), un mouvement de lutte pour l’indépendance de l’Algérie, tournant alors le dos à son pays d’adoption, l’argent et la renommée au profit de la voie de la raison et du cœur. Pour justifier son engagement, Zitouni dira ceci: "J’ai beaucoup d’amis en France, mais le problème est plus grand que nous. Que faites-vous si votre pays est en guerre et que vous êtes appelé?" Entre avril 1958 et novembre 1960, ils seront 32 joueurs à déserter la France et son championnat, partis rejoindre cette équipe du FLN qui tournera dans le monde lors de ces années de conflit, bien qu’elle n'a jamais été reconnue par la FIFA. Les footballeurs de la "Révolution" joueront de nombreuses rencontres et propageront à travers le ballon rond leur idée de la vie. Devenu un héros national, il portera à 80 reprises le maillot d'El-Khedra.

En 1962, au lendemain de l’indépendance de son pays, l’enfant d'Alger stoppe sa carrière au FLN et met sa riche expérience au service du RC Kouba en devenant entraîneur-joueur, lui qui ne pouvait plus revenir jouer en pro en France à cause de la limite d'âge. Sous ses ordres, la jeune garde koubéenne va écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du club avec comme apothéose une finale de Coupe d’Algérie, disputée et perdue 3 buts à 1 face au grand Chabab de l’époque emmené par son meneur Hacène Lalmas. En demi-finale, le défenseur de métier réalise une prouesse inoubliable. Mené 2 buts à 0, l’entraîneur-capitaine-joueur sonne la révolte et plante deux buts qui propulsent le RCK en finale à la faveur du goal-average. Après avoir prêté main forte à la révolution algérienne, il enfilera le maillot des Fennecs sept fois entre 1963 et 1964, dont un historique Algérie-RFA 2 buts à 0. Il raccroche les crampons en 1967, à 39 piges. Il dirige ensuite d'autres formations en Algérie et en Libye, puis s’installe à Nice où il travaille un temps pour la compagnie aérienne algérienne Air Algérie. "Monsieur Football" perd son dernier combat à l'âge de 86 ans le 5 janvier 2014 à Nice, des suites d'une longue maladie. Durant de longues années, beaucoup ont pensé qu'avec Zitouni, Ben Tifour et Mekhloufi, les Bleus auraient pu gagner la Coupe du Monde 1958 et rivaliser réellement avec le futur vainqueur de l'époque, le Brésil du roi Pelé...

 

PALMARÈS

 

Vice-champion d'Algérie en 1967 (RC Kouba)

Finaliste de la Coupe d'Algérie en 1966 (RC Kouba)



14/12/2021
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