FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

FOOTBALL-THE-STORY, les légendes du foot

Roberto Cabanas

Roberto Cabanas.jpg
Roberto Cabañas

 

Roberto Cabañas González

Né le 11 avril 1961 à Pilar (PAR)
Décédé le 9 janvier 2017 à Asuncion (PAR)
https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4927979_201506200732262.png Paraguayen, Attaquant, 1m82
Surnom: La Panthère, "El Mago"
 
https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4927979_201506200732262.png 28 sélections, 11 buts
(Matchs amicaux: 4 sélections, 4 buts)
(Qualif Coupe du Monde: 12 sélections, 4 buts)
(Coupe du Monde: 4 sélections, 2 buts)
(Copa America: 8 sélections, 1 but)
 
1ère sélection : le 5 décembre 1979 contre le Chili (0-1)
Dernière sélection : le 5 septembre 1993 contre le Pérou (2-2)
 
https://static.blog4ever.com/2014/12/790899/artfichier_790899_4927979_201506200732262.png espoirs: 10 sélections, 5 buts
 
1978/80 Cerro Porteño (PAR)
1980/84 New York Cosmos (USA) 97 matchs, 63 buts
1984/87 América de Cali (COL) 108 matchs, 48 buts
(Championnat de Colombie: 75 matchs, 40 buts)
(Copa Libertadores: 33 matchs, 8 buts)
1988/90 Brest Armorique (FRA) 60 matchs, 36 buts
(Championnat de France: 20 matchs, 9 buts)
(Championnat de France de D2: 33 matchs, 21 buts)
(Coupe de France: 7 matchs, 6 buts)
1990/91 Olympique Lyonnais (FRA) 27 matchs, 9 buts
1991/93 Boca Juniors (ARG) 56 matchs, 16 buts
1994 Barcelona SC (EQU)
1995 Boca Juniors (ARG) 4 matchs
1995 Cerro Porteño (PAR)
1996 Libertad (PAR)
1996 Independiente Medellín (COL) 9 matchs, 2 buts
2000 Real Cartagena (COL) 9 matchs, 3 buts

 

Idole du Brest Armorique, Roberto Cabanas est aussi connu pour ses talents de buteur sanguin et puissant que pour son transfert rocambolesque à Brest à la fin des années 1980. Généreux et indomptable, l'ancien joueur fantasque paraguayen respire la classe grâce à sa belle gueule et son charisme. Sa souplesse et sa rapidité d'exécution lui ont ouvert les portes de tous les exploits sur le plan technique. Face aux buts où ont explosé ses qualités de détente et d'opportunisme. Mais aussi le dos tourné à la cible avec cette capacité à éclairer l'instant d'une talonnade ou d'un lob instantanés. Natif de Pilar, capitale du Ñeembucú, un département longtemps isolé du reste du Paraguay, le jeune Roberto fait ses débuts footballistiques dans le Club du Cerro Porteño, un des innombrables clubs de la capitale. Il se taille une petite réputation qui arrive jusqu’aux oreilles des Yankees. Ainsi, en 1980, à l'âge de 19 ans, Roberto Cabañas ne rejoindra pas un club plus huppé d’Amérique du sud mais partira aux États-Unis monnayer ses services dans la très lucrative NASL. Il intègre les New York Cosmos où il montre ses talents de buteur pendant 4 ans et devient petit à petit l'étoile montante de l’équipe. Roberto Cabanas.jpgIl y croise d'ailleurs les vieilles stars sur le déclin Franz Beckenbauer, le roi Pelé et Johan Neeskens qui viennent y terminer leurs carrières. Roberto s’éclate, enquille but sur but, et remporte le titre de MVP en 1983. Malheureusement, le championnat nord-américain fait faillite. Il est cédé au club colombien de l'América Cali à la réputation sulfureuse en raison de ses liens avec le cartel de drogue de la région. Grâce à son sens du but, il remporte deux fois le championnat de Colombie et échoue trois fois de suite en finale de la Copa Libertadores entre 1985 et 1987, dont il était l'une des stars avec Willington Ortiz, Ricardo Gareca et Antony de Avila (belle équipe quand même). En sélection paraguayenne, le joueur a aussi laissé une belle empreinte avec 11 buts en 28 sélections. Figure de proue et symbole du renouveau avec le meneur de jeu Julio César Romero, vainqueur de la Copa America en 1979, il dispute le Mondial mexicain de 1986. Après une courte victoire 1 but à 0 contre l'Irak, l'Albirroja arrache un nul 1-1 contre le pays hôte du tournoi, le Mexique, devant 114 000 spectateurs. C'est Roberto Cabañas qui fait la passe décisive du gauche à Romerito pour l'égalisation (de la tête) à la 85ème minute (Hugo Sanchez ratera un pénalty en fin de match). C'est lors du dernier match de leur poule, face à la Belgique, qu'il s'est fait remarqué aux yeux du monde entier. Durant surement la meilleur rencontre de cette édition, c'est de l'attaque-défense dans les 2 camps, beaucoup d'espaces, des beaux mouvements collectifs et inévitablement, des beaux buts des deux côtés. La Belgique mène 2 fois au score mais le Paraguay égalise 2 fois grâce à notre cher Roberto Cabañas. D'ailleurs le 2ème but est magnifique, sur son contrôle de la poitrine, il arrive à lober le défenseur belge à son marquage et tromper Jean-Marie Pfaff dans la foulée, score final 2-2. Le Paraguay essuie ensuite une défaite sévère 3 buts à 0 en huitième de finale face à l'Angleterre. Mais Cabanas a marqué les esprits par ses performances lors du tournoi. À plusieurs milliers de km, un homme, François Yvinec, Président du Brest Armorique, se jure de ramener l’oiseau rare au Stade Francis Le Blé ; S’en suit un des transferts les plus rocambolesques de l’histoire. Malgré le transfert signé le 23 septembre, Juan-José Bellini, le président de l'America Cali ne veut pas céder leur prodige, patron de l’équipe et buteur attitré. Le Brestois multiplie les allers-retours sans revenir avec sa pépite. Les palabres s'éternisent, la presse sportive commence à parler de "l'affaire Cabañas". La FIFA s'en mêle, la confédération sud-américaine de football aussi. Roberto Cabañas écope d'une suspension de dix matchs. On nage en plein imbroglio. L'affaire a le droit aux journaux télévisés, fait les gros titres. C'est du jamais vu dans le football français. Aussitôt mis sous surveillance policière, Yvinec est bloqué pendant 1 mois et demi à Bogota, avec une procédure judiciaire sur le dos pour faux et usage de faux. Il clame son innocence. Le président met alors en place un plan et parvient à "s’évader" vers le paradis artificiel qu’est la ville de Brest, avec Roberto sous le bras. Départ clandestin en avion, escale à Caracas, puis à Saint-Jacques-de-Compostelle pour enfin rentrer en Bretagne à l'aéroport de Brest-Guipavas en jet privé piloté par Albert Le Cam, le PDG du groupe "Rallye". L'affaire Yvinec prend fin mais le Paraguayen ne peut disputer le championnat à cause du nombre d'étrangers. Brest est alors relégué en D2. La saison suivante, l'artiste est bien là et peut enfin enfiler la tunique blanche et rouge. La légende Cabañas peut commencer. Grand artisan de la remontée du Brest Armorique en D1 en 1989, l'attaquant a marqué les supporters bretons dès sa première saison en terminant meilleur buteur du groupe 1 de D2 (21 buts). Son association avec le véloce Dragiša Binić se révèle complémentaire et particulièrement efficace. Dribbleur, buteur... et chambreur, il aura donné le tournis à tous les défenseurs, et notamment ceux du Havre, de Nîmes (le rugueux René Girard lui avait cassé le nez durant le rougeoyant match) et de Strasbourg lors des 3 tours de barrages gagnants. Il avait ainsi inscrit le but permettant au club d'être promu, lors du dernier match d'accession contre le RC Strasbourg. Durant la partie, il joue sur la pelouse avec un masque qui lui barre le visage et marque le but de la victoire. Ce fameux épisode du "vengeur masqué" est encore dans toutes les bouches. La saison suivante, en D1, il inscrit neuf buts, et installe les Bretons à une confortable 10ème place contribuant largement au maintien de l'équipe alors que que la génération des David Ginola, Corentin Martins et Stéphane Guivarc’h pointait le bout de son nez. Il se fera notamment remarquer pour son doublé face à Marseille (2 buts à 1) dans un stade Francis-Le Blé en fusion. Deux pions de la tête bien sûr venu crucifier une défense sudiste pourtant formée d'Amoros, RocheMozer et Thys. Deux saisons dans le Finistère où le n°10 aura enchanté tous les supporters brestois qui en gardent des souvenirs inoubliables. Après cela, l'attaquant rejoint l'Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas à l'été 1990, qui débourse quelque quinze millions de francs pour s'attacher ses services, une folie pour l'époque. Le bilan comptable est bon. Il termine meilleur buteur de l’OL avec 9 réalisations et se qualifie pour la Coupe UEFA à la fin de la saison. Malheureusement, il a jamais pu s’adapter au jeu mis en place par Raymond Domenech. Cabanas livre dans la presse ses états d’âmes : "À Brest, j'étais le capitaine et le patron, tous les ballons passaient par moi. À Lyon, je suis attaquant et je ne touche pas beaucoup de ballons. Voilà le hic ..." Il retrouve à l'issue de la saison l'Amérique du Sud et rejoint Boca Juniors, devenant une idole de la Bombonera. Oublié de tous, il continue pourtant à rafler des titres. Malgré ses 30 ans, il écume le continent, jusqu’à sa retraite en 2000. Après sa carrière de footballeur, Cabanas est devenu un temps entraîneur à l’America Cali (2007-2008) avant de devenir présentateur TV. En décembre 2016, Roberto Cabañas s'était confié avec franchise sur ses difficultés pour tourner la page après 22 ans de carrière: "Le footballeur meurt deux fois. La première quand il arrête le football. Pour moi, cela m'a complètement déséquilibré. Je ne savais pas où aller, quoi faire. J'étais habitué à courir, à faire des exercices, et d'un moment à l'autre, je me suis retrouvé totalement désorienté. Etre seul est très dur, ça l'est encore plus après avoir laissé le football. " Puis la nouvelle est tombée comme un couperet via le compte Twitter de la fédération paraguayenne de football. "Ta magie fait partie à jamais de l'histoire de la sélection du Paraguay de football Roberto Cabañas ", peut-on ainsi lire dans le message posté sur le réseau social. Celui qui s'était reconverti également en tant qu'agent de joueurs est décédé le 9 janvier 2017 à l'âge de 55 ans, terrassé brusquement par un infarctus à Asuncion, la capitale du Paraguay. En un peu moins de deux saisons, l'attaquant paraguayen aura marqué l'histoire du foot à Brest, où ses anciens coéquipiers gardent le souvenir d'un homme attachant. Mais ce sont bien les supporters qui pleure leur héros et se console en se disant que sur leur bout du monde, ils ont eu la chance de voir un tel talent.

 

PALMARÈS


Vainqueur de la Copa America en 1979 (Paraguay)

Finaliste de la Copa Libertadores en 1985, 1986 et 1987 (America Cali)

Champion d'Argentine en 1992 (Ap.) (Boca Juniors)

Champion de Colombie en 1985 et 1986 (America Cali)

Champion des Etats-Unis en 1980 et 1982 (New York Cosmos)

Vice-champion des Etats-Unis en 1981 (New York Cosmos)

Vainqueur de la Copa Master de Supercopa en 1992 (Boca Juniors)

Vainqueur de la Conférence Nationale de la NASL en 1980, 1981 et 1982 (New York Cosmos)

Vainqueur de la Poule Est de la Conférence Nationale de la NASL en 1980, 1981, 1982 et 1983 (New York Cosmos)

 

DISTINCTIONS PERSONNELLES


Élu meilleur joueur de la saison de la NASL en 1983 

Trophée UNFP du meilleur joueur de D2 en 1988

Meilleur buteur du championnat de France de D2 (groupe A) en 1989 (22 buts) (Brest Armorique)

Nommé dans l'équipe type Sud-Américaine de l'année en 1986

 

VIDÉO





28/01/2020
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